« Le numéro 100Europe: vers un nouveau découpage historique avant l'Epoque moderne? »

L'économie inféodée à l'idéologie

Il est toujours étonnant de voir combien les économistes universitaires sont encore inféodés à l'idéologie politique. La discipline de l'histoire sort avec peine de cette relation coupable (avec les histoires nationales, espérons qu'elle n'y rentre pas à nouveau avec autre chose). Mais qu'est-ce que c'est que cette manie?

Hier une chaîne de télévision française montrait le jugement des étudiants de Sciences Po sur les cours d'économie d'un professeur qui est par ailleurs politicien de premier plan. J'avoue que cela fait froid dans le dos: "Ah, il croit au marché" "Ah, il ne faut pas oublier qu'il est passé par le parti communiste". Le fait que l'élite de la jeunesse (ou en tout cas celle qui aspire à l'être) pense que l'économie est une question de credo politique nous révèle une chose: que les facultés d'économie oublient (ou peut-être n'ont jamais vraiment assimilé) les enseignements de Descartes et des Lumières.

Qu'est-ce que c'est que cette idée de "croire ou non au marché"? Se trouve-t'on face au même type de controverses que la nature du Christ (divin, homme, les deux à la fois, etc.) à la fin de l'Empire romain? En tout cas, par l'ampleur du débat au niveau mondial et des luttes entre communistes et capitalistes, cela fait penser aux persécutions du Vème siècle entre catholiques et arianistes.

Le parallèle n'est pas infondé. Il s'agit de discuter de la divinisation d'un objet appelé "marché". Il y a ceux qui croient que cette divinité est dotée d'une "main invisible" qui résoud tout. Il y a ceux qui au contraire pensent qu'elle est malfaisante et qu'il faudrait l'enchaîner. D'autres pensent qu'il faut lui faire des offrandes pour qu'elle soit bonne avec nous.

Il y a aussi les Etats qui soutiennent l'une et l'autre vision de la divinité. Comme il y avait des conciles entre évêques alors, aujourd'hui il y a des colloques à haut niveau où on essaie de se mettre de s'entendre. D'accord, les capitalistes ont l'avantage aujourd'hui, comme les catholiques d'alors finirent par l'avoir. Et puis, avec la disparition d'un ennemi, il y a l'apparition d'autres.

Tout cela c'est de la théologie. Quel rapport cela a-t'il avec l'économie, c'est-à-dire les échanges de marchandises et de services, la finance etc.?

  Samedi 01 Juillet 06 09:50:01, par admin   , 394 mots, Catégories: Société, Technologies ,

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