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Libéralisme et libertarisme: la grande différence

Le libéralisme devrait évoluer en direction d’un rejet de toutes les aliénations de l’être humain. Les libertés individuelles étant un équilibre des intérêts de chacun, ériger une seule d’entre elle en absolu, c’est détruire le libéralisme tout entier. On pourrait imaginer la liberté de mouvement absolue: et alors quid du droit à la propriété immobilière ?

Alors, pourquoi ériger la liberté du commerce en absolu ? Pourquoi considérer que la liberté des pratiques commerciales vis-à-vis de l’État ne devrait pas connaître de limites ?

Affirmer cela, c’est comme le font les “libertaires” (car ce serait trop les honorer que de les appeler “libéraux") c’est un non-sens. La raison est simple: il n’y a pas de commerce possible sans confiance, et il n’y a pas de confiance possible sans, in fine, une juridiction territoriale qui impose le respect des contrats.

Il y a deux catégories de libertaires: ceux qui croient de bonne foi que la liberté absolue mènera au bonheur de l’homme, et ceux qui comptent délibérément sur cette théorie pour se conforter dans leur licence. Et, je suis désolé de le dire: parmi un bon nombre de partisans de la liberté absolue du commerce, il y a des cyniques, dont le seul intérêt pour le reste du genre humain est l’argent qu’ils peuvent lui extorquer sans l’avoir mérité. Autrement dit, entre leurs mains, cette théorie est devenue une arme pour pratiquer l’escroquerie aux dépends de l’humanité et une excuse pour corrompre les politiciens. De ce fait, ces libertaires sont une véritable menace pour la démocratie.

Peut-être qu’ils sont la menace la plus grande, plus grande que le terrorisme (qui est une maladie de la peau des démocraties, alors que la corruption est une maladie du coeur). Les alter-mondialistes n’ont pas tort de dénoncer des pratiques scandaleuses de la part de très grandes sociétés, qui utilisent l’argent pour faire ignore la volonté des citoyens.

D’un autre côté, je comprends les libertaires de bonne foi. Ils partent du principe que l’homme étant bon, la liberté absolue les rendrait meilleurs. Cela a été l’erreur de jugement des fondateurs de l’Internet. La plupart des êtres humains sont bons. La plupart méritent la liberté.

Mais il y en a toujours une minorité qui ne joue pas le jeu. Et quand on assure la liberté absolue, on donne carte blanche à ces individus, qui détruiront tout sur leur passage. Aujourd’hui, près de 90% du trafic du courrier électronique est du pourriel (du spam).

La raison pour laquelle nous avons une justice, la raison pour laquelle les citoyens (même dans un État idéal de contrat social préconisé par Rousseau) délèguent des juges et une force publique pour exercer la contrainte, c’est justement pour défendre la liberté des gens honnêtes. Ce qui implique en particulier deux choses:

  1. Imposer le respect des contrats (code des obligations).
  2. Réprimer les comportements inacceptables (code pénal).

C’est leur seule raison d’être, même s’ils l’oublient parfois.

Dans l’état actuel de l’humanité, la condition nécessaire et incontournable pour que les mécanismes “vertueux” du commerce fonctionnent, est un système judiciaire indépendant et capable de prendre des décisions exécutoires.

Affirmer le contraire, c’est donc faire preuve de naïveté ou de cynisme.

  Dimanche 18 Octobre 09 06:49:18, par admin   , 576 mots, Catégories: English, Démocratie, Droits de l'homme ,

1 commentaire

Commentaire de: san  
san

John Stuart Mill (1848) a dejà theorisé cet aspect du liberalisme dans ses principes économico-politiques. Il distingue 3 ordres : Ordre moral –> ordre politico-juridique –> ordre economique. Les premiers étant hiérarchiquement supérieurs aux suivants comme dans le cadre de la loi : Constitution –> lois –> jurisprudence.

Il appartient au politique le devoir de faire respecter la morale par des lois que la justice applique aux acteurs economiques que nous sommes tous. Reste a définir cette morale et ces lois pour que le respect de la liberté individuelle soit enfin respectée.

L’économie est une science naturelle, la Nature est économie. En faire une science humaine c’est la ramener à ce qu’elle n’est pas et ne devrait plus être, c’est à dire un moyen politique d’asservir le peuple.

Au problemes economiques reponses economiques, aux problemes politiques reponses politiques. A tout mélanger plus rien n’a de sens.

Mardi 19 Octobre 10 @ 01:48