« Démocratie élective. Vraiment?Liberté ou sécurité, il faut choisir »

Où est la vraie liberté?

L'UNADFI, association de "lutte contre les sectes", se retrouve sur le banc des accusés (voir article dans Le Monde du 23 Septembre). Indubitablement, ses membres ont été très loin dans la délation personnelle, dans l'"information" aux membres des familles et aux employeurs. Alors, jusqu'où va la liberté d'exprimer ses propres opinions?

La réponse est ordinairement : elle s'arrête là où commence celle des autres. En d'autre termes, il faut pouvoir tolérer que quelqu'un ait des idées religieuses, même si elles ne vous plaisent pas... pour autant qu'il ne malmène pas vos libertés à vous. On le voit, la liberté, ce n'est pas quelque chose uniquement pour soi. La vraie liberté, ce n'est pas "tout est permis pour moi et rien pour vous", car cela, c'est le totalitarisme. La liberté est en réalité un équilibre; on ne peut être libre si les autres ne le sont pas (... pardon, ai-je dit quelque chose de politiquement incorrect?).

Pas plus qu'un groupe n'aurait le droit de malmener les libertés individuelles (le droit à la pensée, à la dignité, à la vie privée, le droit d'avoir un travail et de le garder) pour des raisons religieuses ou politiques, de même personne n'aurait le droit de malmener arbitrairement un groupe de gens pour "protéger son voisin". Le terme de maccarthysme est bien choisi: au nom de la défense des libertés américaines contre le communisme, MacCarthy avait fabriqué un système tout aussi odieux.

Vouloir combattre à toute force le "Mal", c'est prendre soi-même le chemin de l'enfer. C'est peut-être là, le Mal: la peur et la haine de l'autre. Justifiée ou injustifiée, peu importe. Ceux qui consacrent leur vie à lutter avec haine contre quelque chose, finissent (pour utiliser le terme tiré de la science-fiction) par "embrasser le côté obscur de la force".

A cet égard, le défi lancé à la justice par l'avocat de l'UNADFI est emblématique: "Vous n'avez aucune compétence pour entrer dans ce débat qui est de savoir si, en France, le gouvernement mène, ou non, une folle politique de lutte contre les sectes." dit-il. Erreur: c'est bien au Judiciaire de décider où s'arrêtent les libertés et où elles doivent être protégées, non à l'Exécutif. En tout cas, si on veut respecter les principes fondamentaux sur lesquels notre société démocratique est basée. Dans cette phrase, on perçoit bien l'impatience et le dépit du combattant, face aux magistrats dont le devoir est de défendre l'ordre social.

"Folle politique de lutte" : le terme est déjà une admission. Pour prendre des exemples extrêmes où la folie est patente, Hitler agissait par haine des juifs et des "races inférieures". Staline par haine des ennemis de la révolution. A leur yeux, c'était justifié, il s'agissait de se protéger eux-même et de "protéger" les autres.. Il semble que les fous soient mûs par un désir permanent et incontrôlé de se protéger d'une menace.

Mais même si on est loin d'être fou, on ne défend pas la liberté et les droits de l'homme en "combattant" avec acharnement ceux qu'on perçoit comme ennemis de ces libertés, au point de tout sacrifier à ce combat, comme l'honneur, la vérité, l'honnêteté ou la diginité humaine. C'est vouloir vaincre au point d'oublier le but du combat. En fait, c'est sacrifier sa cause, c'est rejoindre l'ennemi.

C'est de cet oubli des valeurs humanistes de la société démocratique que l'UNADFI devra répondre.

  Lundi 26 Septembre 05 22:05:12, par laurent   , 609 mots, Catégories: Religion, Droits de l'homme ,

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